lundi 5 septembre 2016

Une semaine dans les Langhes


L’entrée en Italie contraste avec l’opulence française de la Côte. Ici on traverse des zones industrielles et agricoles où les travailleurs influencent la disposition du territoire. Moins esthétique, moins vert et davantage poussiéreux : on devine des villes côtières besogneuses. Quelques vignobles modestes éparses et surtout de nombreuses serres où l’on distingue des milliers de plans de tomates, des noms familiers -San Remo, Albenga- pour qui fréquente le marché Jean-Talon. 




À mesure que l’on avance dans les terres, la route se fait vallonneuse et verdoyante. Nous abordons le Piémont par les hautes Langhes. Une multitude de sommets atteignant de 400 à 600 mètres d’altitude.



Le boisé  est composé de chênes et autres feuillus. Plus nous approchons d’Alba plus les sommets s’arrondissent et ne dépassent guère les 400 mètres; nous sommes dans les basses Langhes. Les plantations de noisetiers apparaissent. 





L’Italie est le deuxième plus grand producteur de noisettes au monde: le fameux Nutella a été créé par Ferrero tout près d’Alba. Nous étions à la saison des cueillettes.  


Nous avons été surpris cependant, malgré toute cette abondance, de constater le prix élevé des noisettes dans les marchés locaux

Plus nous approchons d’Alba et des zones d’appelations Barolo et Barbaresco, plus les vignobles dominent le paysage.  On entre dans les régions viticoles des grands vins des Langhes.



 La température est écrasante, encore 39oC!  La vue à l’approche de l’Azienda Il Ciliegio est magnifique.  






 On débarque au gîte, détrempés. Nous sommes à Treiso, un des 4 villages faisant partie de l’appelation Barbaresco. L’appartement est propre et frais. 



On se dépose et ensuite direction Alba. C’est le coup de cœur! Rues piétonnes larges, aérées et animées. Jolies boutiques et restos-cafés-bars à la faune jeune et animée. On s’attable pour déguster un lapin trop cuit mais sauvé par sa sauce au vin blanc et ses pommes de terre. Un délicieux blanc – Arnéis et un Nebbiolo d’Alba accompagnent joliment le tout. On quitte subito presto pour garnir notre garde-manger à l’Ipermercato. En 20 minutes pile on ramasse ce qu’il nous faut. Pas mal dans cet immense espace où on trouve pharmacie, vêtements, outils et voitures en plus de la nourriture!


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Le lendemain, 2 rendez-vous nous attendent : Ca’delBaio, propriété de la famille Grasso. Paola nous accueille, œnologue de formation elle assure la relève de la 4ème génération de la famille. Nous ne visiterons pas le chais mais la dégustation sera généreuse, les explications détaillés et instructives. En compagnie d’un autre couple, elle nous fera déguster 1 Riesling, 1 Moscato, 1 Chardonnay, 1 Dolcetto , 4 Nebbiolos dont 2 crus Barbaresco.



On perçoit pour la première fois l’importance de la famille dans la tradition vigneronne italienne, photos sur les murs, le papa, ne s’exprimant qu’en italien est tout de même présent, la sœur de Paola, chimiste chez Ferrero est également présente, Nous discutons chocolat, au goût des marchés internationaux. En Italie nous découvrirons des chocolats-noisettes extrêmement goûteux et moins sucrés. 


Pour les vins, nous retenons le Moscato, tout léger (5% alcool) fruité et craquant, un bel apéro de fin d’après-midi.  et , Pora, Barbaresco 2012, un candidat pour le retour à Montréal.


Ensuite, visite chez Albino Rocca. Daniella Rocca nous accueille. D’abord une visite du chais nouvellement rénové et exposé sur les méthodes de vinification.


 Au programme, 5 vins dégustés : Chardonnnay, Barbera d’Alba et 3 Barbarescos, dont un nous a fortement impressionnés.


Le mardi 30, lever brumeux…il a plu et le paysage a disparu en quelques minutes. 


Dégustation chez Adriano, nous sommes accueillis par Elisa, la jeune fille de Marco Adriano, qui représente la jeune relève féminine du domaine. 


La dégustation sera généreuse avec plus de 13 vins.


Plusieurs de ces vins étant disponible au Québec en Importation privée et quelques uns en SAQ, nous jetons notre dévolu sur un Chinato, un vin aromatisé fortifié aux arômes végétales et épicées au goût de clou de girofle et cannelle qui rappelle les bonbons poissons rouges !. Celui-ci n'est pas éligible à l'importation avec son 18% d'alcool.
Une recette secrète de la famille mais dont on peut avoir un apercu sur leur site web.  CHINATO VINO AROMATIZZATO

De retour, après un léger dîner vu le temps humide et lourd, on entreprend une randonnée à Treiso, tout près. 




Le ciel est menaçant mais on est confiants d’arriver à destination au sec. Ce petit village est très résidentiel et à notre arrivée c’est le calme plat. Personne à part 2 ados qui nous croisent et un client sortant d’un resto. On rebrousse chemin sous un ciel qui noircit à vue d’œil. 


La distance se parcoure en 30 minutes environ. Il faut dire que nous avons le le pas rapide et qui accélère à chaque coup de tonnerre et des canons anti-grêle! (Richard ajoutera un vidéo dans quelques semaines et qui traduit bien l'ambiance du moment ) Heureusement on arrive au gîte au sec.


Le 31, On entre dans le Barolo. L’appellation comprend 16 communes. Le découpage rivalise en complexité avec la classification en Bourgogne. 




Limitons-nous ici à deux de ces communes que nous visiterons, Castiglione Falletti  où nous ferons une visite chez Vietti, et Verduno  où nous arrêterons chez Fratelli.

Chez Vietti, rien ne laisse deviner l’ampleur du domaine. La maison jouxte un des nombreux châteaux ayant appartenu à la famille Falletto, intimement liée à l’histoire de la région.


On constate ici comme ailleurs dans la région que plusieurs efforts ont été faits pour préserver les sites historiques

Un chai produisant plus de 320,000 bouteilles, des dizaines de barriques de 20 à 50 hectolitres, et rien ne se perçoit dans le pittoresque village.





La visite des chais est mémorable; une partie moderne qui se déploie sur 2 étages souterrains et la partie ‘’historique’’, littéralement sous le château...




...où des bouteilles vieilles de 250 ans ont été laissées dans les murs ainsi que des magnums utilisés pour les soldats de Napoléon III durant la brève guerre de 1859. Selon des rumeurs, la Comtesse de Castiglione fut la maîtresse de Napoléon...




Une partie du vignoble de 35 hectares se déploie tout autour de la colline du village de Castiglione Falletti. La tournée est abondamment commentée et passionnante...


... la dégustation qui suit l’est tout autant. Luca Currado, maître des lieux nous accorde le privilège de déguster 4 des grands crus Barolo millésime 2013, non encore libérés pour le marché. Au total 9 cuvés.



Précisons que la famille Currado est reconnue pour avoir littéralement sauvé le cépage indigène blanc Arneis de l’oubli.



Visite mémorable à bien des points de vue. Le Monsieur est content !







Un passage par Nice

Un passage par Nice

Montréal-Nice par Air-Canada en Boeing 767, arrivés tôt le matin après un vol calme mais non reposant dû à des sièges s’inclinant à peine...


Nous prenons possession de la Peugeot. Richard au volant fait du mieux qu’il peut pour apprivoiser la conduite niçoise qui est nerveuse et empressée. Le navigateur garmin de la voiture n’est pas simple à utiliser et semble refuser obstinément de mémoriser notre destination. Qu’importe, on finit par trouver le gîte logé au fond d’un chemin de montagne qui grimpe en épingles dignes des plus terribles routes corses. Nous accédons à une chambre sans fenêtre munie seulement d’une grande porte. Bon, c’est convenable pour le prix et c’est propre.



On dépose les bagages et on se rend à Villefranche prendre une bouchée. Il fait 42oC, les rues sont étroites, on manque d’air et on sue à grosses gouttes. On dégotte un petit resto qui nous sert des tartines…c’est bon. Visite rapide des lieux…on cherche l’ombre.




Retour au gîte pour se doucher et direction le vieux Nice pour souper. Au Grand Balcon, un musicien noir britannique nous berce d’un répertoire jazzé, mêlant succès des années 60 et 70.  On déambule ensuite sur la Promenade des Anglais. C’est animé, doux, agréable. C’est surprenant malgré la foule, on ne sent pas l’agitation, l’excitation, l’empressement. On nous dit que les événements du 14 juillet ont changé des choses dans le cœur des Français. Il y a beaucoup de recueillement et de tristesse.
Le lendemain, déjeuner français tout simple et hop, direction Monaco. On passe tout droit pour aboutir à Cap d’Ail. C’est probablement le tunnel souterrain qui nous a déroutés. Pas grave : on se gare et on s’engage sur le chemin du littoral qui longe la mer. Il fait encore 40oC au soleil et 36oC à l’ombre. Il est midi et on se demande encore pourquoi on fait nos randonnées au pire moment de la journée!!! Ici, la beauté des propriétés privées est sans équivoque. Prochaine direction : Monaco. 



Curieux pays-ville où richesse et opulence sont étalées de façon si ostentatoire que ça en est indécent Tout est cher, tout se monnaye : l’eau Evian est à 7eur alors qu’on peut s’en procurer à 1,20eur au Casio. On déniche une pizzéria au bord de la plage, tenue par des proprios vieillissants et blasés. Les tours à condos modernes rappellent qu'effectivement  le 1% de la population aisée est bel et bien présente...

Maintenant repus et rafraîchis, on se dirige à Eze où on découvre par un bel hasard le parc de la Grande Corniche et le Fort de la Revère, surplombant la ville. Les fortifications en grande partie souterraines datent de 1882, elles ont servi à abriter des armes pendant la 2e guerre mondiale et par la suite de camp d’entraînement pour les réservistes.


De ce site, la vue est imprenable sur Èze et le cap Ferrat. 


Le village historique autour d’un château a été bien restauré,




malgré quelques vestiges...


L’unique fontaine (joufflue) du village y a été installée en 1930, ce fut la première arrivée d’eau courante pour les habitants qui devaient auparavant s’approvisionner de citernes retenant les eaux de pluie. 


Richard y met un peu de pression, vous remarquez, ses yeux s’écarquillent ... !



 Commerce oblige, on y recèle plusieurs boutiques et restos chics. Ici chez Fragonard.



 La suite hôtelière Relais et Château s’est approprié une partie du village pour le transformer en Hôtel  très très privé ($$$$). On n’a pu y poser le pied, seulement regarder… Pas très à l’aise à Eze qui s’adresse de toute évidence à une clientèle dont on ne fait pas partie.